Répondre aux urgences
et préparer l'avenir

Faire face aux menaces urgentes

Quand on a accumulé des dettes, qu'on est sous pression, on n'est pas toujours en état de réagir rapidement aux agressions subies. Pourtant la rapidité de réaction est un facteur essentiel d'efficacité pour se défendre.

Certaines saisies peuvent être contrecarrées ou levées à condition de réagir dans les délais. Une procédure judiciaire ouverte à temps suspend les saisies, peut empêcher aussi la résiliation d'un bail. Certaines sommes peuvent être restituées à la famille, mais il faut agir une fois encore dans les délais.

"Trois jours avant la vente [de la ferme] un bénévole a glissé un papier sous ma porte parce que je n'ouvrais plus à personne. Je l'ai appelé. Le lendemain il m'a accompagné au tribunal."

Face à de telles situations il est difficile d'envisager sereinement l'avenir et de trouver des solutions pour améliorer sa situation. Le mieux est de ne pas rester seul pour réagir, de se faire accompagner. Il est important de prendre contact le plus tôt possible avec l'association la plus proche.

Faire le point, s'adapter aux changements…

En écoutant l'agriculteur, son histoire, nous posons avec lui un diagnostic (atouts et limites) de son exploitation et de ses compétences. Ensemble nous cherchons des solutions qui tiennent compte de l'ensemble des questions posées, des règlementations en vigueur et du contexte local.

Benoît, 46 ans : "…depuis trois, quatre ans, je voyais que la ferme allait en s'essoufflant économiquement. Avec Solidarité Paysans, on a fait le point et ils m'ont aidé à faire des choix sur les activités et même à trouver des pistes de diversification et voir comment on pouvait financer tout ça …
Mon exploitation n'est pas la plus grande de la commune mais jusqu'ici elle tourne bien. J'ai une cinquantaine de vaches laitières et des cultures.
L'an dernier, j'ai fait appel à Solidarité Paysans.
J'aime bien régler mes factures à l'heure et aussi qu'on me paye aussitôt que j'ai vendu ma production.
Le prix du lait a quand même baissé un peu et c'est bien le seul ! Alors la trésorerie de la ferme en a pris un petit coup surtout avec le financement de la mise aux normes et les primes qu'arrivent en décembre. Ça fait que les frais bancaires et les intérêts à la coopérative ont fait un bond. Avant que ça aille plus mal, j'ai fait ce que m'avait dit un copain, il faut appeler Solidarité Paysans dès que tu vois que ça coince.
Avec la salariée et le bénévole, on a regardé les chiffres, les factures surtout.
Ils ont contacté les fournisseurs pour avoir des délais sans intérêts et on est allé voir la banque pour restructurer mes emprunts. Tout seul je n'y avais pas réussi.
Même si comme ils disent, ils sont pas plus malins que moi, ils ont plus l'habitude.
On a aussi revu un peu certains itinéraires techniques de culture. Il y a toujours à gagner et il ne faut pas toujours que ce soit la coopérative qui gagne.
Maintenant on devrait se voir 2 ou 3 fois par an pour faire le point. Mais je suis sur que j'ai bien fait de tout remettre à plat avec eux avant que ce soit trop mal parti."

OUTILS

Guide des droits et devoirs en situation de contrôle

Les contrôles mettent les paysan.ne.s dans une position de grande vulnérabilité, car ils se retrouvent seuls face au droit qui leur est applicable. L'objectif du guide des droits et devoirs en situation de contrôles réalisé par la Confédération paysanne est de servir d'appui juridique, technique et humain pour rompre l'isolement des contrôlé.e.s. A consulter ici