Notre histoire
De la solidarité pour surmonter les difficultés !

La dégradation de la situation des agriculteurs trouve son origine dans la Politique Agricole Commune et les lois d'orientation (1960-1962) qui avaient alors trois objectifs majeurs :

  • La réduction du nombre d'exploitations, notamment celles jugées trop petites pour être rentables et qui n'avaient pas de repreneurs ;
  • L'augmentation des volumes de production pour enrayer le déficit de l'Europe dans le secteur de l'agro-alimentaire ;
  • La diminution du prix de l'alimentation pour les consommateurs.
A l'époque, les agriculteurs ont eu massivement recours à l'emprunt pour financer la modernisation de l'agriculture, l'augmentation des consommations intermédiaires et la baisse des prix à la production.

La course à l'agrandissement, à la spécialisation et la productivité expose alors les exploitations à une fragilité très grande. Le moindre incident (économique, sanitaire ou climatique), facilement amorti autrefois, est souvent le point de basculement des exploitations qui aujourd'hui encore se voient contraintes de recourir à de nouveaux emprunts à court terme et de s'enfermer dans une spirale d'endettement.

Dans les années 60 et 70 l'inflation, d'un taux nettement supérieur au taux des emprunts bancaires, permettait de supporter la charge des remboursements. Mais, depuis le début des années 80, la maîtrise de l'inflation, l'apparition des surproductions structurelles et l'accélération de la baisse des prix à la production, inversent les conditions de financement des exploitations et fragilisent de nombreuses exploitations entraînant des drames humains et sociaux. Ces mécanismes perdurent aujourd'hui, accentués par le coût des mises aux normes environnementales, au demeurant nécessaires, et l'iniquité des dispositions de la réforme de la Politique Agricole Commune de 2003.

Face à la montée des risques tant économiques que sociaux les pouvoirs publics instaureront dès 1981 diverses mesures administratives et financières pour soutenir les exploitations qu'ils pensent avoir un avenir dans la profession. Parallèlement, les créanciers (Mutualité Sociale Agricole, banques, coopératives, etc) alertés par les dettes que les agriculteurs accumulaient à leur égard, ont durci leurs exigences. De nombreux services contentieux sont créés dans les années 80 ; de nouvelles garanties apparaissent : cautions familiales, hypothèques, warrants et plus récemment les cessions de créances (bordereaux Dailly).

C'est dans ce contexte qu'apparaissent au milieu des années 80 les premières associations de défense des agriculteurs en difficulté à l'initiative de membres de la Confédération Paysanne, des CMR (Chrétiens en Monde Rural) et dans une moindre mesure du Modef (Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux) et du MAR (Mouvement d'Action Rurale - d'obédience protestante). L'extension des procédures collectives à l'agriculture en 1988 ouvre des perspectives de défense pour les paysans endettés et encourage de ce fait le développement des associations. Depuis, ce mouvement associatif s'étend progressivement.

En 1992, ces associations décident de faire réseau
et de se regrouper en association nationale : SOLIDARITE PAYSANS.

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