Questions fréquentes
- Des problèmes de trésorerie, des dettes ou des échéances difficiles à honorer ?
- Des difficultés avec votre banque, vos fournisseurs ou d’autres créanciers ?
- Des démarches administratives qui deviennent trop lourdes ou compliquées ?
- Votre exploitation est fragilisée par les aléas climatiques : sécheresse, canicule, incendies, inondations, pertes de récoltes ou manque de fourrage ?
- Une baisse de revenus, des charges qui augmentent ou une activité qui ne permet plus de vous rémunérer correctement ?
- Un problème de santé, un accident, un épuisement ou une situation personnelle qui fragilise votre exploitation ?
- Des tensions familiales ou professionnelles, des difficultés avec un associé ou dans la transmission de l’exploitation ? Le sentiment d’être seul·e ou de ne plus savoir par où commencer ?
- Des questions sur l’avenir de votre exploitation : changer de pratiques, restructurer, transmettre ou envisager une reconversion ?
- Une procédure juridique, un redressement ou une liquidation qui vous inquiète ?
- Ou tout simplement besoin de parler de votre situation avec quelqu’un qui connaît le monde agricole ?
N’attendez pas que la situation s’aggrave pour nous contacter.
Quelle que soit la difficulté rencontrée, Solidarité Paysans Jura est là pour vous écouter, faire le point avec vous et rechercher ensemble des solutions adaptées à votre situation et à vos choix.
Accompagnement gratuit, confidentiel et sans jugement.
Solidarité Paysans Jura s’adresse en premier lieu à tout.e agriculteur et agricultrice du territoire qui rencontre des difficultés, quelle que soit sa situation, son type d’exploitation ou la nature des problèmes rencontrés : économiques, administratifs, juridiques, sociaux, familiaux ou humains.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne critique pour nous contacter : une difficulté, une inquiétude ou simplement le besoin d’en parler peuvent suffire pour faire le premier pas.
Quelle que soit la difficulté rencontrée, Solidarité Paysans Jura est là pour vous écouter, faire le point avec vous et rechercher ensemble des solutions adaptées à votre situation et à vos choix.
Les proches peuvent également nous contacter pour mieux connaître notre accompagnement ou nous signaler une situation préoccupante, dans le respect du caractère volontaire de la démarche de la personne concernée.
Enfin, Solidarité Paysans Jura est une association qui vit grâce à l’engagement et à la solidarité de toutes et tous. Toute personne souhaitant soutenir nos actions peut également nous contacter pour devenir bénévole, adhérer à l’association, participer à nos activités, faire connaître notre action ou nous soutenir par un don.
Bien sûr ! Il est fréquent, et tout à fait normal, de ne pas réussir à identifier clairement l’origine des difficultés rencontrées. Lorsque les problèmes s’accumulent et que l’on se sent « sous l’eau », il peut être difficile de prendre du recul, de savoir par où commencer ou même de pouvoir distinguer ce qui relève de l’urgence de ce qui peut attendre.
C’est justement tout l’intérêt de pouvoir prendre du recul avec des personnes extérieures, neutres et bienveillantes. Les premiers échanges avec le binôme accompagnateur permettent de poser la situation dans son ensemble, de mettre progressivement des mots sur les difficultés et d’identifier avec vous les différents points sur lesquels il peut être utile d’agir.
Un diagnostic initial global permet ainsi de poser les bases de l’accompagnement, de mieux comprendre votre situation et de faire émerger progressivement des pistes adaptées à vos besoins, à vos priorités et à votre rythme.
Vous n’avez donc pas besoin de savoir exactement ce qui ne va pas, ni d’avoir déjà identifié une solution, pour nous contacter.
Oui.
L’accompagnement proposé par Solidarité Paysans Jura est global et s’adapte à votre situation et à vos besoins. Les difficultés rencontrées sur une exploitation sont souvent liées entre elles : problèmes de trésorerie, dettes, démarches administratives, accès aux droits, relations avec les organismes sociaux, les banques, les fournisseurs ou d’autres créanciers…
Le binôme accompagnateur peut vous aider à faire le point sur votre situation, comprendre les démarches à réaliser, identifier vos droits et les dispositifs auxquels vous pouvez prétendre, préparer ou constituer certains dossiers et organiser les différentes étapes à engager.
Lorsque cela est nécessaire, Solidarité Paysans peut également vous accompagner dans vos relations avec les administrations, les organismes sociaux ou les créanciers : médiation, négociation de délais ou d’échéanciers, recherche de solutions adaptées à votre situation, ou encore accompagnement dans le cadre de certaines procédures juridiques.
L’objectif n’est pas de faire les démarches à votre place, mais de vous aider à mieux comprendre votre situation, à retrouver des marges de manœuvre et à défendre vos droits et vos choix.
Il n’y a pas de durée prédéfinie. Chaque situation est différente et l’accompagnement s’adapte à vos besoins, à votre rythme et à l’évolution de votre situation.
Certaines difficultés peuvent être résolues en quelques rencontres, tandis que d’autres situations nécessitent un accompagnement sur plusieurs mois, voire plus. À Solidarité Paysans Jura, nous considérons que l’autonomie est un processus qui se construit progressivement. L’accompagnement peut donc évoluer au fil du temps : être plus soutenu à certains moments, s’espacer lorsque la situation s’améliore, puis être à nouveau mobilisé si un besoin apparaît.
L’objectif n’est pas de vous accompagner indéfiniment, mais de vous permettre progressivement de retrouver suffisamment de confiance, de repères et de marges de manœuvre pour poursuivre votre chemin de manière autonome.
L'accompagnement est assuré par un binôme de bénévoles, constitué d’au moins un agriculteur ou agricultrice en activité ou à la retraite. Selon la situation et les besoins identifiés, nous veillons également à mobiliser des bénévoles disposant d’une expérience ou de compétences en lien avec les difficultés rencontrées.
Les bénévoles sont formés à l’accompagnement et s’engagent à respecter les fondamentaux éthiques de Solidarité Paysans : écoute attentive et bienveillante, absence de jugement, confidentialité, respect des choix et du rythme de la personne, ainsi que recherche de son autonomie.
Tout au long de leur engagement, les bénévoles continuent à se former sur différents sujets — juridiques, économiques, agricoles, sociaux ou humains — et participent à des temps d’échange, de suivi et de relecture des pratiques.
Toute association vit grâce à l’implication et à l’engagement de ses membres. L’adhésion annuelle constitue à la fois un soutien à Solidarité Paysans Jura et aux valeurs qu’elle porte, et témoigne de l’engagement de chacun dans la vie associative. Par ailleurs, afin de garantir le bon fonctionnement de l’association et le respect de ses principes, chaque bénévole s’engage à :
1) Adhérer à l’éthique
Être bénévole à Solidarité Paysans est un engagement volontaire. Chacun peut apporter à ce titre ses compétences, convictions, questionnements... Il est nécessaire que cet engagement se fasse en cohérence avec les textes fondateurs de l’association, les fondamentaux éthiques.
2) Se former
Pour assurer pleinement leur mission d’accompagnement, les bénévoles sont tenus de participer au maximum de formations organisées par l’association. En effet, la formation continue est obligatoire pour mener à bien l’accompagnement global (technique, juridique, administratif, économique et moral) que l’on propose.Durant l’année, sont organisées par l’association Solidarité Paysans Jura
- Plusieurs formations thématiques : comptabilité, santé mentale, écoute, juridique,… ;
- 3 relectures de pratiques : relecture des accompagnements avec une médiatrice en relations humaines à partir de situations d'accompagnement apportées par des accompagnateur.rices ; il s’agit d’un temps de réflexion sur leur positionnement, leur rôle vis à vis de la personne accompagnée, leurs ressentis... ;
- 3 réunions de suivi de dossier : revisite des dossiers en cours (échange et partage d’expériences) ; le problème présenté est celui de la personne accompagnée, il peut être technique, juridique,…
Participer à ces temps collectifs permet de créer du lien au sein de l’équipe de bénévoles et également de se décharger vis-à-vis des expériences vécues en accompagnement.
3) S’informer et informer
Un certain nombre d’informations sont transmises aux bénévoles par mail. Ce moyen de communication a certes ses limites, mais il facilite la diffusion et le partage de l’information et permet de maintenir le lien avec le réseau national. La vie du réseau concerne et fait vivre l’engagement de l’ensemble des bénévoles.
En tant que bénévole, vous pouvez également être amené à présenter l’association et à la faire connaître autour de vous, notamment auprès des agriculteur·rices !. Chacun peut ainsi contribuer, à son niveau, à essaimer et à renforcer la présence de Solidarité Paysans sur le territoire. Des documents et des supports de communication sont disponibles au bureau pour vous accompagner dans cette démarche.
4) Accompagner
L’accompagnement est l’une des missions piliers des bénévoles de Solidarité Paysans. Il s’inscrit dans le cadre défini par les fondamentaux éthiques de l’association et en respecte les principes et les limites. Chaque bénévole reste libre d’accepter ou de refuser de démarrer un nouvel accompagnement. Il ou elle peut également décider, à tout moment, de mettre fin à un accompagnement en cours, en lien avec l’équipe afin d’assurer, lorsque cela est nécessaire, la continuité de l’accompagnement.
Les bénévoles ne sont pas isolé·es dans le cadre de leurs accompagnements. En cas de question particulière, tout accompagnateur·rice peut aborder l’accompagnement en réunion ou rencontrer le Conseil d’Administration pour exposer ses interrogations, débattre et échanger.
5) Participer à la vie de l’association
Selon l’intérêt et les disponibilités de chacun.e, il est souhaitable de s’investir dans une des commissions, qui sont coordonnées par les salarié.es :
- Finances
- Communication
- Formation
- Salariées
Cela nécessite de participer aux réunions et parfois de prendre des engagements (répartition des tâches entre salariées et bénévoles).
Par ailleurs, chaque année l’association organise des évènements conviviaux auxquels les bénévoles et les personnes accompagnées sont convié.es (pique-nique, fondue, marchés, journées conviviales thématiques, etc...).
« Accompagner une personne, une famille, ça n'est pas une démarche banale. Et les bénévoles que nous sommes à Solidarité Paysans Jura ont à cœur de s'interroger, de s'interpeller sur leur manière d'être et de faire. Il est si facile de projeter nos désirs sur les autres, et de trouver des solutions pour les autres !…Nous devons sans cesse nous remettre en cause, nous (re)situer face à notre rôle d'accompagnant et aux objectifs de l'association ; nous devons nous connaître nous-mêmes si nous voulons cheminer avec d'autres. Une écoute attentive doit aider à clarifier une situation; c'est-à-dire, percevoir la réalité avec discernement (pour nous et pour les personnes rencontrées). Il y a en tout homme des capacités à réagir, à rebondir et si nous avons confiance dans ces capacités, nous pouvons construire ensemble les solutions qu'il aura lui-même découvertes. Car il nous faut laisser émerger ce qui vient sans préjugés et en respectant la personne jusque dans son intimité. Il ne nous revient pas de prendre des décisions à la place d'autrui. Il est important parfois de nous rappeler nos limites personnelles ainsi que nos limites dans l'accompagnement ; ce qui compte, c'est que les agriculteurs aidés retrouvent la force de croire que les solutions aux difficultés sont aussi dans leur tête et dans leurs mains. »
Marie-Andrée BESSON
- L’association accompagne l’ensemble des personnes qui lui font appel, indépendamment de toute appartenance partisane. SP Jura accompagne chaque paysan·ne en difficulté sans jugement, dans le respect de ses choix et de son modèle d’exploitation ou de ses pratiques. Lorsque les personnes accompagnées souhaitent faire évoluer leur exploitation, SP Jura peut les soutenir dans leur cheminement vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
- Avoir une approche globale de la situation, professionnelle et personnelle, de l’agriculteur.rice, sans préjugé ni a priori, et dans le cadre de relations transparentes.
- Savoir, sur la base d’un respect mutuel, écouter l’agriculteur.rice, lui donner confiance, pour l’amener à formuler son propre diagnostic, trouver lui.elle-même les solutions adaptées et construire son projet.
- Ne pas imposer des décisions à l’agriculteur.rice, l’aider à faire plutôt que faire à sa place.
- Garantir une discrétion totale sur les informations recueillies et éléments constatés. L’accompagnement est strictement confidentiel. Lorsque des organisations professionnelles, l’administration ou des personnes souhaitent obtenir des informations sur une situation, il est nécessaire de demander l’accord de la personne accompagnée avant toute chose. En cas de doutes, échanger avec d’autres bénévoles et/ou salariées.
- Etre conscient.e des limites et des possibles difficultés de l’accompagnement, savoir être patient.e et s’adapter au rythme d’évolution de la personne.
Nous ne sommes pas forcément conscient.es de l’impact de l’accompagnement. On peut avoir l’impression d’être impuissant.e ou de ne pas avoir de réponse à l’urgence de l’autre. Dans ce cas-là, il faut se rappeler que la simple présence et écoute sont importantes ; même si nous ne pouvons pas influer sur l’issue de la situation.
« Nous avons l’obligation de moyens, pas de résultats »
Bernard Benghozi
-
Demande d’accompagnement de la part d’un.e agriculteur.rice, par appel ou visite au bureau. Lors de ce premier contact, l’animatrice complète la fiche de présentation. La prise de contact n’est pas un entretien d’aide, l’objectif est d’entendre la demande et d’expliquer le rôle et les moyens de l’association.
-
Mise en place de l’équipe accompagnatrice (2 bénévoles ou bénévole-salariée) par les salarié.es et le.la Président.e (ou un.e référent.e constitution de binôme) :
- Ni trop près, ni trop loin géographiquement ;
- Au moins un.e paysan.ne ou ancien.ne paysan.ne ;
- En fonction de la demande exprimée lors du premier contact.
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L’animateur informe les bénévoles potentiels de la demande d’accompagnement. Les bénévoles peuvent accepter ou refuser de prendre en charge cet accompagnement. S’ils.elles acceptent, l’animateur leur transmet une copie de la fiche de présentation, ainsi qu’un contrat d’engagement à signer par les bénévoles et la personne accompagnée. Le contrat d’engagement permet de poser un cadre et peut être relu tout au long de l’accompagnement.
-
Les bénévoles prennent directement contact avec la personne pour fixer un rendez-vous (lieu, date) pour le premier entretien d’aide : c’est le démarrage de l’accompagnement.
-
Clôture de l’accompagnement : l’accompagnement peut se clôturer lorsque la personne estime qu’elle n’a plus besoin d’être accompagnée. Un bilan est complété et signé. Sans nouvelles de la part de la personne accompagnée, il est possible que nous considérions l’accompagnement clôturé mais que nous tout en restant à disposition pour des futures demandes.
Le contrat marque le début de la démarche : il pose le cadre de l’accompagnement et clarifie ce qui est convenu entre les différentes parties. Il permet de préciser les modalités de la démarche, les engagements de chacun·e et de s’assurer que ceux-ci sont compris et partagés. Ainsi, chaque partie peut s’engager en connaissance de cause et en confiance.
Utilité pour les personnes accompagnées
- Rassurer sur la démarche, la clarifier ;
- Définir les objectifs de l'accompagnement ;
- Donner une direction à suivre, préciser des paliers ;
- Pouvoir décider et être acteur.rice de la démarche.
Utilité pour les bénévoles
- Constater l’engagement de l’agriculteur.rice ;
- S’engager dans une méthode et tendre vers l’objectif, se mettre d’accord sur ce que l’on souhaite faire ensemble ;
- Garantir une bonne compréhension
Utilité pour l’association :
- Nourrir et faire avancer la réflexion associative ;
- Formaliser notre action, définir des actions plus précises.
Le diagnostic global est à compléter progressivement lors des premières rencontres. La personne qui appelle l’association ne sait pas forcément précisément de quelle aide elle a besoin. Le diagnostic permet de clarifier pour elle et pour les bénévoles la situation et les besoins d’accompagnement.
Il arrive que la demande initiale de l’agriculteur.rice qui appelle concerne un problème d’ordre technique, mais que l’on se rende compte au fur et à mesure de l’accompagnement que le problème est multifactoriel. Dans certaines situations d’urgence, on cherche trop vite à résoudre la difficulté, sans prendre le temps d’instaurer le dialogue et de rechercher la relation de confiance nécessaire à tout accompagnement.
Pour évaluer au mieux la situation et essayer de cerner le « vrai » problème, il est important que la personne accompagnée puisse faire un « récit de vie » afin de connaître son parcours, le contexte, l’histoire de l’exploitation reliée aux évènements de la vie.
Le diagnostic concerne également des éléments technico-économiques.
L’accompagnement à Solidarité Paysans repose avant tout sur une relation de confiance, dans laquelle la personne accompagnée reste actrice de son parcours et de ses choix. Le rôle du bénévole n’est pas de décider ou de faire à sa place, mais de l’aider à exprimer sa situation, à prendre du recul, à identifier ses ressources et à construire ses propres pistes d’action.
Cette posture demande de trouver une juste place : être présent et engagé aux côtés de la personne, sans se substituer à elle.
Accompagner suppose tout d’abord une attitude d’intérêt ouvert : être disponible à ce que la personne souhaite exprimer, sans préjuger de sa situation ni de ses besoins. Il s’agit de chercher à comprendre avant de chercher à répondre : « Que puis-je faire pour lui permettre d’en dire plus ? »
Cette écoute repose sur plusieurs principes :
-
Accueillir sans juger : éviter les critiques, les évaluations et les conseils immédiats, ainsi que les formulations prescriptives telles que « tu devrais » ou « il faut faire… ».
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Chercher réellement à comprendre l’autre : sa manière de penser, son ressenti, son parcours et la signification particulière que la situation revêt pour lui ou elle.
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Respecter la non-directivité : laisser à la personne accompagnée l’initiative dans la présentation de sa situation et respecter son cheminement et son rythme.
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Rester attentif à sa propre posture : prendre du recul sur ses réactions, ses interprétations et ses émotions afin de rester aussi objectif que possible, tout au long de l’échange.
-
L’écoute est au cœur de la relation de confiance. Elle ne consiste pas seulement à entendre ce qui est dit, mais à créer les conditions permettant à la personne de s’exprimer librement et de cheminer dans sa réflexion.
-
Les questions ouvertes — comment ? quoi ? qui ? quand ? où ? — permettent d’explorer une situation sans avancer trop rapidement des hypothèses ou des solutions. La question « pourquoi ? » mérite davantage de précautions : selon la manière dont elle est formulée, elle peut être ressentie comme une demande de justification ou mettre la personne en difficulté.
-
Écouter, c’est aussi respecter les silences et le rythme de la personne et rester attentif à ce qui se manifeste au-delà des mots : attitudes corporelles, tensions, regards, distance physique, hésitations, émotions...
Tout au long de l’entretien, le ou la bénévole peut régulièrement s’interroger : Qu’est-ce que la personne me dit réellement ? De quoi et de qui me parle-t-elle ? Qu’exprime-t-elle de son ressenti ? Ai-je bien compris ce qu’elle cherche à me dire ?
La reformulation est alors un outil essentiel. Elle permet de vérifier ce que l’on croit avoir compris et donne à la personne accompagnée la possibilité de préciser ou de corriger notre compréhension. Elle peut également l’aider à prendre du recul sur sa situation, à mettre en évidence ses ressources et ses compétences et à envisager progressivement différentes possibilités. Lorsqu’un même problème revient de manière répétée, la reformulation permet aussi d’accuser réception de ce qui a été exprimé avant d’ouvrir la réflexion par une nouvelle question.
Écouter sans jugement et respecter la non-directivité ne signifie pas rester passif. Une fois la situation suffisamment comprise, le ou la bénévole peut partager ses interrogations, exprimer avec précaution une inquiétude ou proposer d’explorer certaines pistes avec la personne accompagnée.
Le ou la bénévole doit également rester au clair sur son rôle et sur celui de Solidarité Paysans : Que pouvons-nous apporter dans cette situation ? Jusqu’où pouvons-nous intervenir ? Qu’est-ce qui ne relève pas de notre rôle ? Cette clarification est essentielle pour éviter les incompréhensions, préserver la relation d’accompagnement et respecter les limites de chacun·e.
Accompagner, c’est ainsi cheminer aux côtés de la personne : écouter, comprendre, questionner et soutenir, tout en lui laissant la liberté et la responsabilité de ses propres choix.
Une personne en difficultés se retrouve confrontée à la nécessité de changer. Le changement, synonyme d’insécurité, fait peur. Lorsqu’on prend conscience de l’existence d’un problème qui ne peut plus durer, un changement s’impose : on ne choisit alors pas de changer, on y est contraint.e.
Le changement implique une certaine violence (plus ou moins forte selon l’enjeu et le bouleversement provoqué) et met en œuvre des mécanismes de défense que l’on développe contre le changement, en recherchant à tout prix un équilibre. Cette peur est quelque peu « irrationnelle » : même si le changement nécessaire est minime, la personne se focalise sur le fait qu’il est nécessaire de changer, d’aller vers l’inconnu, de perdre le contrôle.
Les bénévoles sont invité.es à ne pas interpréter cette peur du changement comme une incapacité de la personne. Celle-ci peut avoir pleinement compris la situation et les enjeux, sans pour autant être encore prête à accepter le changement. L’accompagnement consiste alors à l’aider à explorer ce qui rend ce changement difficile, en l’invitant à se questionner : Qu’est-ce qui rend ce changement difficile pour toi ? As-tu déjà vécu une situation similaire ? Qu’as-tu peur de perdre ? Qu’est-ce que ce changement pourrait remettre en question pour toi ?
Les mécanismes de défense qui peuvent intervenir sont, entre autres :
- La plainte
- L’accusation
- La colère
- Le déni
- Les excuses
- La résignation
Les mécanismes de défense sont des réactions normales face à une situation difficile. En repérant le mécanisme à l’œuvre, le binôme accompagnateur peut aider la personne à traverser progressivement cette phase, en l’accompagnant pour mieux comprendre ce qui se joue — le déni, la colère, la peur… — et à mettre des mots sur ce qu’elle ressent.
Solidarité Paysans Jura est une association qui vit grâce à l’engagement, à la solidarité et au soutien de ceux qui partagent ses valeurs. Dans un contexte où de nombreux agriculteurs traversent des difficultés, chaque contribution nous aide à poursuivre notre mission et à maintenir un accompagnement gratuit, et indépendant dans le Jura.
Il existe différentes manières de nous soutenir, selon vos envies, votre disponibilité et vos possibilités :
- Devenir bénévole, pour participer aux accompagnements ou contribuer autrement à la vie de l’association, selon vos compétences et vos centres d’intérêt ;
- Adhérer à l’association, pour soutenir son projet, ses valeurs et son action sur le territoire ;
- Faire connaître Solidarité Paysans Jura autour de vous, notamment auprès des agriculteurs et de toute personne susceptible d’avoir besoin de notre accompagnement ;
- Faire un don, ponctuel ou régulier, pour contribuer au financement de nos actions.
Solidarité Paysans Jura étant une association d’intérêt général, les dons ouvrent droit à une réduction d’impôt de 66 % du montant versé.